#balancetoncirque

Table ronde #1

Le 2 Février dernier a eu lieu la première table ronde organisée par BalanceTonCirque avec Typhanie Courteau, Agathe Dumont, Rosa Matthis et Laura Terrancle (Les Tenaces). Vous pouvez la réécouter ici.

Appel à soutiens

En Septembre 2021, nous avions lancé l’appel à soutiens ci-dessous. Nous avons reçu plus de 400 signatures, à télécharger ici :

Chères et chers artistes, compagnies, professionnel.le.s de la culture et tous leurs soutiens,

Le collectif Balance Ton Cirque est né le 2 juillet 2021 pour agir contre toutes formes de violences physiques et psychologiques (humiliation, injure, harcèlement moral, abus de pouvoir, discrimination, outrage sexiste…) exercées dans l’enceinte du centre national des arts du cirque à Châlons-en-Champagne. 

Nous voulions agir vite, et nous avons profité d’une des soirées des Échappées 2021 pour rendre publiques nos revendications et lancer un mouvement d’étudiant.e.s et d’artistes ayant subi des violences au CNAC.  En parallèle à cette action, la page Instagram @balancetoncirque a été créée pour regrouper des témoignages de victimes, élèves et ancien.ne.s élèves d’école de cirque à l’international. En trois semaines, nous avons reçu plus de 100 témoignages provenant de sept écoles différentes ce qui démontre bien que les violences sont un problème structurel ancré dans le fonctionnement des écoles de cirque. Elles sont systémiques et institutionnalisées et le cas du CNAC n’est pas isolé. Cet appel a vocation à susciter des réactions dans d’autres écoles professionnelles de cirque en France et en Europe.

Nous appelons à signer le texte en copie pour manifester votre soutien au mouvement. Les signatures récoltées permettront d’appuyer nos revendications et de nous donner de la force lors des discussions à venir avec le ministère, la direction et les professeurs.

Cet appel servira d’appui pour engager un dialogue favorable à une école où chacune et chacun puisse se former dans le respect de son intégrité morale et physique.

Parce que nos blessures sont politiques, nos récits seront publics.

Nous dénonçons l’apprentissage sous pression et l’école de la course à la performance. La compétition entre élèves n’est pas une pédagogie. Nous dénonçons le fait que, dans une école supérieure d’art dont le cursus est “dédiée au développement de l’identité d’artiste [des élèves], ainsi qu’à l’expérimentation en piste”, il soit aussi difficile d’affirmer des pratiques, des corps ou des esthétiques qui sortent des canons de la tradition du cirque contemporain. Les discriminations et les outrances répétées de la direction et des professeur.e.s impactent les élèves dans leur parcours et entravent leur créativité, ainsi que leur capacité à développer un langage artistique qui leur soit propre. Nous refusons d’être des produits mis à disposition des metteur.e.s en scène d’un réseau prédéfini.

Nous avons rapporté les commentaires dégradants et les discriminations tenus à répétition par des professeurs. On nous a répondu qu’il fallait les accepter parce qu’ils venaient de personnes qualifiées pour leur travail de coaching “que de toute manière ce serait pire dans le monde professionnel”.

Nous avons pointé du doigt le stress et la pression comme source de blessures, celles qui sont nommées: blessures de fatigue. On nous a répondu “qu’à l’époque c’était bien pire et qu’il fallait s’estimer heureux.euse d’être là”.

Ces commentaires, remarques et insultes touchent à nos corps et nous accompagnent par la suite dans tout notre parcours, à chaque fois que nous mettons un pied sur scène.

Quand on dit qu’on a mal, c’est qu’on a mal.
Quand on veut une deuxième parade, c’est qu’on a besoin d’une deuxième parade.
Quand on ne veut pas qu’on nous touche, c’est qu’on ne veut pas.
Quand on dit non, c’est non.

Nous dénonçons encore l’immobilité de la direction, des professeurs, des professionnel.le.s, du conseil d’administration et du ministère face aux déclarations de harcèlements et de discriminations au sein de l’établissement.

Au CNAC, des affaires judiciaires ont été passées sous silence, des violences sexuelles ont été réglées en interne, des personnes ont subi un harcèlement moral continu, d’autres des outrages répétés sans que rien ne soit mis en place.
A chaque fois, les affaires sont “réglées” en interne, prenant grand soin de ne pas salir la réputation de la “maison”.
L’environnement dans lequel nous étudions et évoluons comme artistes n’est pas à la hauteur d’un centre national.  
Nous sommes témoin.te.s de malaises, de départs soudains, d’arrêts maladies prolongés au sein de l’équipe administrative et enseignante. La fragilité et l’effacement des employé.e.s favorisent  la centralité du pouvoir.
Ces situations de dysfonctionnements se répercutent sur nous, car nous n’avons plus de référent.e.s administratif, et sur notre formation artistique dont le suivi pédagogique n’est plus assuré.
Les aménagements mis en place: groupe d’écoute, charte éthique pour l’égalité, semblent davantage être des invitations à étouffer les affaires et à décrédibiliser nos dénonciations. Ils ne protègent en aucun cas les victimes.
Les personnes aux postes de pouvoir restent intouchables.
Le centre national des arts du cirque a une réputation à tenir. Et cette réputation nécessite notre silence.

Nous dénonçons les menaces et le climat de peur qui règnent au sein de l’école mais aussi l’élitisme, le favoritisme et le copinage qui permettent de mettre en avant certain.e.s artistes, d’en couler d’autres ou encore d’étouffer des violences.

Nous dénonçons le fonctionnement en réseau et la dépendance des élèves vis-à-vis de la direction, de l’ensemble des professeur.e.s, des intervenant.e.s artistiques, des metteur.e.s en scène et autres professionnel.le.s, qu’iels soient membre d’un jury ou programmateur.trice.s. Nos carrières sont liées de trop près à ces commentaires, remarques et insultes. Ce contexte de dépendance est particulièrement propice aux abus de pouvoir, au harcèlement et aux discriminations.

Finalement, nous dénonçons la structure hiérarchique permettant la toute-puissance des postes de direction (direction générale, pédagogique et artistique). 

Plus jamais ça.

Parmi les missions formulées dans la fiche de recrutement du poste de Direction Générale, publiée par le ministère de la culture, figure celle de: “garantir la qualité du dialogue social au sein de l’établissement, faire respecter les principes d’égalité entre les femmes et les hommes, et lutter contre toutes les formes de violence et discrimination”. L’actuelle direction n’a pas respecté la mission pour laquelle elle était engagée et les mesures mises en place par le ministère de la Culture n’ont pas permis de remédier à cette situation.

Nous exigeons de la part du ministère de la Culture et de la nouvelle Direction Générale que cette mission soit respectée.

Nous exigeons qu’une réelle écoute et prise en compte soit établie envers les personnes ayant subi des violences et discriminations. Qu’elles soient accompagnées dans leurs démarches et que ces situations ne soient plus réglées en interne.

Nous exigeons une restructuration de la hiérarchie interne du CNAC pour que cessent les abus de pouvoir ainsi que toutes les formes de harcèlements.

Nous exigeons la mise en place d’un protocole pour assurer notre consentement et définir le cadre des contacts physiques entre les professeur.e.s et les élèves (parades, corrections de mouvements, assouplissements, etc). Nous sommes dépendants des professeur.e.s qui nous assurent (parfois au risque de blessures graves) et nous devons pouvoir exprimer librement nos limites et nos besoins.

Nous exigeons que le corps enseignant, les intervenant.e.s ainsi que l’administration et les élèves soient formé.e.s à réagir et à reconnaître les violences, les abus et le harcèlement.

Nous vivons une période historique, où “on se lève et on se casse“, où la page instagram @victims_voices_circus a déjà ouvert la voie, où différents comités #balancetonecoledart ont été créés et ont obtenu la démission des personnes mises en cause, où il n’est plus possible d’ignorer la maltraitance structurelle du monde du cirque, du sport, du théâtre, de la danse et du cinéma.
Cette fois-ci nous n’allons pas régler l’affaire ensemble, en interne, à coup de dialogue social et de groupe parité. Nous ne nous tairons plus. Pas tant que la parole des victimes ne sera ni soutenue ni entendue.
Nous rappelons aussi que toutes les victimes ne parlent pas.
Nous rappelons que nous avons tous.tes une responsabilité face à la violence.
Nous rappelons enfin qu’une école d’art ne doit jamais apprendre à se taire.

Cette année, la direction du CNAC sera renouvelée et nous exigeons que plus rien de tout cela ne puisse se reproduire à l’avenir. Nous souhaitons réaffirmer l’importance de cette école publique sur le territoire français et notre volonté pour qu’elle puisse être à nouveau un lieu d’innovation et de diversité, ouvert sur le monde où chacune et chacun puisse se former dans le respect de son intégrité morale et physique.

Voici quelques-unes de nos propositions à mettre en place pour garantir le respect et l’intégrité des élèves et professeur.e.s au sein de l’école. Nous nous assurerons de l’assimilation de ces propositions pour de réels changements:

  • Mettre en place une formation ou atelier corporel sur le consentement assuré par une structure externe à l’école
  • Mettre en place une formation sur la communication non violente assurée par une structure externe à l’école
  • Appliquer un protocole de parade sûr et respectueux
  • Appliquer des méthodes de retour suite aux présentations des élèves au sein de l’école, sans la présence de la direction 
  • Avoir un.e référent.e externe à l’écoute de problèmes de harcèlement au sein de l’école
  • Décentraliser le pouvoir décisionnel de la direction, ne pas avoir à passer par eux pour des demandes de stages, travail. Plus de transparence

Communiqué du collectif Balance Ton Cirque – 22 Octobre 2021

À l’attention des représentant·e·s de la presse et des médias, des directions des écoles de cirque professionnelles, de la FEDEC, du Ministère de la Culture et du Ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances

Tout le monde le savait

Dans le cirque aussi “tout le monde le savait” (tribune parue dans Libération le 13 octobre 2021 – #MeTooThéâtre : après la libération de la parole, l’urgence des actes). Comme dans le reste du monde des arts vivants, le cirque est traversé par un mouvement de libération de la parole et d’organisation collective des victimes.

Aujourd’hui, nous, élèves et ancien·ne·s élèves des écoles de cirque professionnelles refusons de continuer à nous taire et à réciter la leçon des bon·ne·s élèves prêt·e·s à tout pour défendre nos places difficilement obtenues dans des écoles de prestige.

Le milieu des écoles de cirque fonctionne à huis clos. Nous, élèves, dépendons fortement des professeur·e·s et des réseaux de copinages (majoritairement constitués d’hommes de la même génération) des direct·eur·rice·s, des metteu·se·r·s en scènes, des programmateur·rice·s. Les professionnel·le·s auxquels nous sommes confronté·e·s durant nos formations sont souvent de potentiel·le·s employeu·r·se·s, et dans un monde où les mêmes personnes ne cessent de se recroiser pendant des années, il est d’autant plus difficile d’élever la voix pour les victimes.

En école de cirque, il faut constamment dépasser ses limites. La combinaison entre pratique sportive de haut niveau et métier de la scène nous expose doublement aux pressions, aux discriminations et aux abus. Elle nous rend aussi particulièrement dépendant·e des professionnel·le·s qui nous entourent. Dans la majorité des établissements, les cours sont principalement individuels, c’est une chance certes, mais c’est aussi un enfer lorsque le·la professeur·e (qui cumule parfois un mandat de direction) est un·e agresseu·r·se. Les professeur·e·s de cirque ont un rôle très particulier en comparaison au théâtre ou à la danse : en plus de leur rôle d’enseignant, iels effectuent les gestes de protection nécessaires pour éviter les mauvaises chutes. C’est ce qu’on appelle “parade”. Elles s’effectuent parfois directement avec les mains ou le corps de l’enseignant·e, ou bien par l’intermédiaire d’une longe et d’une ceinture, ou encore d’un tapis de chute. Cette relation professeur·e / élève spécifique au cirque nécessite un encadrement spécifique au cirque.

Alors que “tout le monde savait” aucune sanction n’a été à la hauteur. Les mesures misent en place jusqu’à aujourd’hui dans les écoles de cirque professionnelles n’ont pas mis fin aux violences systémiques et structurelles dont nous sommes victimes. De plus, jusqu’alors les affaires, dont certaines menées en justice, ont systématiquement été étouffées en interne sans grand remaniement dans les hiérarchies en place.  

Alors que “tout le monde savait“, ils et elles, responsables, détenteur·rice·s de l’autorité, référent·e·s, n’ont rien fait. Nous interpellons aujourd’hui la Fédération Européenne des Ecoles de Cirque Professionnelles, ainsi que, en France, le Ministère de la Culture et le Ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances.

Depuis le début du mouvement #Balancetoncirque (plus de 50 000 vues sur les réseaux sociaux) en juillet 2021, nous avons collecté plus de 200 témoignages concernant des écoles professionnelles et loisirs en France et à l’étranger : l’ESAC à Bruxelles, la FLIC à Turin, le SALTO à Lisbonne, l’École de cirque Jules Verne à Amiens, l’ESACTO-Lido à Toulouse, l’Académie Fratellini à Saint-Denis, Le Salto à Alès, l’ENCC à Châtellerault, l’ENACR à Rosny-sous-bois, le CNAC à Châlons-en-Champagne, l’option cirque du Lycée Bayen à Châlons-en-Champagne, l’École Nationale de Cirque à Montréal, l’École de cirque de Québec, le CRAC de Lomme, l’École de cirque de Lausanne, le Théâtre-Cirqule à Genève, l’école du Cirque Electrique à Paris, FAUN-arts à Montreuil, et la liste continue de s’allonger. La page Instagram @balancetoncirque regroupe les témoignages d’élèves et ancien.ne.s élèves de toutes ces écoles de cirque.

Impossible de se taire plus longtemps

Nous avons lancé notre mouvement par une action de sensibilisation au Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne (CNAC) pendant la soirée des échappées (spectacle des projets artistiques individuels des étudiant·e·s sortant·e·s) le 2 juillet 2021. Une action coup de poing pour mettre en lumière nos vécus, nos blessures, nos questionnements et nos revendications. Nous avons choisi le CNAC pour quatre raisons :

> la soirée des Échappées est un événement qui rassemble beaucoup de personnalités du cirque, ce qui nous a permis de toucher un grand nombre de personnes

> en tant qu’école nationale supérieure dépendant directement du ministère de la culture, le CNAC est un lieu symbolique important pour le cirque français et européen

> un grand nombre de situations violentes et de dysfonctionnements y ont lieux

> le changement de direction à venir nous donne la possibilité de peser en faveur des transformations nécessaires mais aussi de révéler les dysfonctionnements de l’actuelle direction 

En juillet, nous avons lancé un appel à témoignages dans le but de mesurer l’ampleur des violences  dans les écoles de cirque du monde entier, permettant ensuite la mise en place d’un espace d’écoute, de partage et de lutte pour les victimes et élèves de ces écoles. Pour ces différentes missions, nous nous sommes entourées de personnes et de collectifs compétent·e·s – dont les Tenaces et les Callisto – de manière à pouvoir guider les victimes vers des organismes et associations capables de les aider et de les accompagner.

Depuis la première action de Balance ton cirque au CNAC en juillet dernier, nos revendications ont incité d’autres étudiant·e·s à créer des comités dans leurs écoles. Les différents groupes existants sont maintenant fédérés dans un mouvement inter-écoles international. Balance ton cirque existe aujourd’hui dans une dizaine d’écoles de cirque professionnelles européennes.

Au sein du Centre National des Arts du Cirque (où presque 80% des témoignages – tous types de violences confondus – concernent les postes de direction), les actions ont eu un impact direct sur la vie des étudiant·e·s. Depuis la rentrée, une ouverture de la parole entre les élèves et l’équipe pédagogique a permis de poser les bases d’une réflexion en rédigeant un protocole pour encadrer les parades (qui doit encore être signé par tous·tes les salarié·e·s et validé par la direction) et la mise en place de temps d’échange entre les étudiant·e·s et la direction en présence d’une modération neutre exigée par les élèves pour se protéger d’éventuelles conséquences néfastes sur leur parcours professionnel. 

C’est un début, mais il reste encore beaucoup à faire et à transformer pour assurer un cadre de formation sain, nous continuerons à soulever les problèmes et à parler tant qu’il le faudra.

Parce que maintenant nous parlons

Le mouvement Balance Ton Cirque a pour premier objectif de mettre en lumière les situations de violences qui existent au sein du milieu du cirque. En libérant la parole, des échanges se créent : on partage et on s’entraide. C’est la force dégagée par la fédération des groupes dans les différentes écoles qui nous permettra de changer les choses.

Nous demandons la mise en place d’un travail de sensibilisation des équipes pédagogiques et administratives dans les écoles de cirque – qu’elles soient écoles loisirs, préparatoires aux concours d’entrée des cursus pro, professionnalisantes ou supérieures –, ainsi que des équipes d’accueil et de direction des PNAC ou des festivals. Il est nécessaire que chacun·e puisse reconnaître et nommer les violences, que les établissements d’enseignement professionnel prennent actes des changements qui s’opèrent au sein de la société et cessent de protéger des agresseu·r·se·s. 

Des cadres d’apprentissage précis doivent être établis afin que les abus soient évités : des protocoles de parade, ainsi que des chartes de déontologie professionnelle signées par les enseignant·e·s et les responsables pédagogiques sont nécessaires. Par là, il est nécessaire d’œuvrer à réduire les situations de dépendances aux professeur·e·s et aux membres de la direction que vivent les élèves. 

Nous demandons à ce que la prise en charge des signalements soit effectuée par des instances extérieures aux écoles, afin que les réactions soient appropriées aux circonstances signalées. Trop de signalements sont restés sans réponse ! Trop de violences ont été étouffées !

Beaucoup trop d’écoles restent encore sourdent face aux signalements, alors que les situations abusives sont connues de tous·te·s, et laissent les agresseu·r·se·s (professeur·e, direction) à leur poste.

Nous demandons à ce qu’une étude quantitative soit réalisée sur les faits de violence dans les écoles de cirque et le milieu professionnel.

Il est grand temps que les choses changent et que nous nous questionnons ensemble ; écoles, institutions, professionnel·le·s, élèves, pour reconstruire des lieux d’enseignement où chacun·e puisse se former dans le respect de son intégrité morale et physique.

Nous serons toujours du côté des victimes, pour leur liberté d’expression et nous faisons le choix de les croire.

Parce que nos blessures sont politiques, nos récits seront publics.

Parce que nous sommes nombreu·x·ses.

Parce que nous sommes fort·e·s.

Parce que maintenant nous parlons.

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